Je n’ai jamais vu venir dans la nuit cet astre qui m’a fait souffrir. J’ai oublié
cette subtilité, cette légèreté, et je la revois s’évanouir à chaque fois, cette femme si folle de le suivre… Je n’oublierai jamais, cette force apparente et pourtant au-dedans d’elle si faible,
et pourtant. Elle s’effondre si vite, comme le vent sur un château de cartes. Ce soir, je revois tant d’images, tant de fois où je me suis perdue dans le flou mélancolique dans cette folie qui me
plonge, toujours, oui toujours plus loin. Je ne veux plus refaire le chemin du retour, continuer avec cette force, même apparente. Ce n’est pas ma réalité. Je veux cette folie jusqu’à sa fin,
l’épuiser, la tester, me l’approprier tendrement. Tenter d’enfreindre les interdits, faire de ma vie un territoire sans aucune frontière entre la folie et le rêve.
Transformer mon corps et mon âme en une vague, en une fumée onirique, comme l’opium
que tu souffles. Sentir ce souffle là. Et qui retombe comme une lente agonie sur mon corps. La folie a eu sa mort. Et voir la fleur se faner, c’est inexorable, le fol désespoir de l’amour ne dure
pas, on dit que le temps efface les sentiments mais on dit aussi que l’amour survit à la mort. Ni l’un ni l’autre bien, que contradictoire, ne sont faux. Tous ces jours que j’ai traversé, j’ai vu
combien mes sentiments violents retombaient, noyés dans le Styx de mes pensées. Et pourtant toujours même si le vent a tout emporté, il me reste l’amour qu’on m’a enseigné, petite, par des gestes
et des souvenirs, à jamais. Chemin de croix, mais cette chaleur, ce souvenir suave, j’aurai voulu rester cette petite fille. Ne jamais savoir que cela existait l’agonie, j’aurai voulu être assez
folle pour aller auprès de toi.
L’insouciance. Cet insoutenable besoin de regret pour avancer. J’ai appris la force
avec assiduité, à défaut de ce trop plein de sentimentalité qui s’élève en moi. Et ne jamais rien oublier même le pire qui respire là… Alors je reprends la longue route, country road pour tout
ça. Le mystère de nos histoires, l’envie de voir par curiosité, que va-t-il m’arriver de plus ? Ou de moins ? Que vais-je gagner, que vais-je perdre ? Je ne ferai pour rien au
monde ce que j’ai déjà vécu sans arrêt. Repartir pour mieux se voir grandir.
Elle ose, elle me parle de liberté.
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